''Comme les anges à l’œil fauve,
Je reviendrai dans ton alcôve
Et vers toi glisserai sans bruit
Avec les ombres de la nuit.''
- Charles Baudelaire, Un revenant (Les Fleurs du Mal, extrait)
A l'Est de Paris, dans le XXe arrondissement, se trouve un lieu extraordinaire. Un lieu fantastique. Un lieu frissonnant... Le cimetière du Père-Lachaise.
Un faible rayon de soleil colore les pavés défoncés par les racines offensives des arbres robustes qui, embrasent à l’automne, les allées romantiques de la nécropole parisienne.
Baignés par les ténèbres, certaines statues et ornements émergent à l’horizon, au détour d‘une allée. Leur pâle blancheur fait parfois songer à une apparition fantomatique.

Ainsi, et à maintes reprises, touristes ou gardiens ; visiteurs de passage ou habitués, ont perçu, ont vu de biens étonnants phénomènes déconcertants et transcendant notre vision trop arrêtée sur ces champs de repos éternel.
Ce sentiment s'accrut brutalement lorsque je discernai la tombe de la famille Raspail (18e division).
En repartant, je m'arrêtai un instant pour contempler la sépulture si mystérieuse de ce fantsmagore dont j'avais tiré quelques mots dans un précédant article : Etienne-Gaspard Robertson (8e division). Cet abbé né en 1764 et originaire de Belgique a, avec ses nombreuses projections au cours desquelles il utilisait divers moyens "scientifiques", réussi à faire croire à un public crédule qu'il avait la faculté de faire apparaître sur un écran les défunts :
Au Père-Lachaise, si l'on prend garde, on peut aussi entrevoir l'ombre de certaines célébrités qui y sont inhumées (Piaf, Bashung, Salvador, La Fontaine, Faure, Morrison, …). N'a ton pas vu Fréderic Chopin errer dans le "carré romantique" ? Ne s’est-on pas étonné lorsque que certains témoins affirmaient avoir distingué une silhouette ressemblant fortement à Gérard de Nerval derrière sa tombe ?
Des fantômes, on en trouve aussi aux abords du Mur des Fédérés. Là où, à l’aube du 28 mai 1871, furent fusillés 147 communards…
J'évite, autant que possible, de considérer les histoires que je viens de vous narrer : l’angoisse pourrait m’envahir
Comprenez-vous à présent quelle force obscure étreint chacun de nous lorsque que nous venons à franchir les lourdes portes de ce champ de trépassés ?
Laissant derrière moi le boulevard des allongés le plus célèbre de France, j'ai la déplaisante impression qu'une chose invisible me suit... Une ombre échappée ?!
Il fut mis en service en 1804 sur ordre de Napoléon Ier. Il doit son nom à François d'Aix de La Chaise, confesseur de Louis XIV durant 34 ans.
La première sépulture fut, malheureusement, celle d'une fillette âgée d'à peine cinq ans. Fin 1804, le cimetière ne comptait que 13 tombes. Les parisiens n'avaient guère envie de se faire inhumer dans un lieu assez éloigné du centre de Paris. De plus, le quartier alentour était très pauvre. Comme le nombre de sépultures augmentait toujours très péniblement les années suivantes, la mairie de Paris organisa le transfère des dépouilles de quelques célébrités tel Molière ou la Fontaine pour donner envie aux parisiens de s'y faire enterrer : ce fut une réussite (33 000 tombes, en 1830).
Depuis toujours haut lieux d'histoires, souvent sombres et étranges, tantôt de sorcelleries ou de hantises, le cimetière du Père-Lachaise m'a intrigué et je vous livre ici le récit de mon aventure en plein cœur de cet étonnant écrin de la mort ...
Tombe du Maréchal Gouvion Saint-Cyr (de) - 37e division
Baignés par les ténèbres, certaines statues et ornements émergent à l’horizon, au détour d‘une allée. Leur pâle blancheur fait parfois songer à une apparition fantomatique.
Ici émanent les effluves d’un monde de trépassés et il ne serait pas bon de trop les respirer...
Pourtant j’ose pénétrer dans cet empire lugubre qui, je le sais, ne me laissera pas sortir indemne.
Après ma descente du métro, j’accède à la nécropole par le boulevard Ménilmontant, soit l’entrée principale. J’ai à présent devant moi une grande d’allée ponctuée, sur les côtés, par une multitude de tombeaux.
Ce musée à ciel ouvert de statues funéraires en tout genre est effrayant. Dans cet empire mortuaire, l’on croit entendre sonner le glas ou entendre, provenir d’un sépulcre, un requiem. La mort y est perceptible avec beaucoup d'acuité, parfois très lyrique à la vue de certains ornements.
Outre mon ressenti, je vais à présent vous faire part de quelques étrangetés que manifestent ces lieux.
Après ma descente du métro, j’accède à la nécropole par le boulevard Ménilmontant, soit l’entrée principale. J’ai à présent devant moi une grande d’allée ponctuée, sur les côtés, par une multitude de tombeaux.
Ce musée à ciel ouvert de statues funéraires en tout genre est effrayant. Dans cet empire mortuaire, l’on croit entendre sonner le glas ou entendre, provenir d’un sépulcre, un requiem. La mort y est perceptible avec beaucoup d'acuité, parfois très lyrique à la vue de certains ornements.
Outre mon ressenti, je vais à présent vous faire part de quelques étrangetés que manifestent ces lieux.

Tombe de Fernand Arbelot - 11e division
Ils sont nombreux ces vagabonds de passage à avoir croisé en leur sillage, bondissant d’une tombe, sautant et s’engouffrant entre les chapelles mortuaires, un gigantesque chat roux qui pousse d'éternels miaulements de lamentation avant de s'envoler au-dessus des caveaux. On raconte que ce brave félin se vu refuser une sépulture décente.
On dit aussi du Père-Lachaise que, la nuit, c'est toute une foule de sorciers, de gothiques, nécrophiles qui prennent possession des allées pour s'adonner à des pratiques plus que marginales. On ne compte plus ces cérémonies énigmatiques qui s'y déroulent parfois. De même que les histoires insolites...
Tombe de Victor Shoelcher - 55e division
Tombe de Georges Rodenbach - 15e division
Tombe d'Alexandre Flaguière - 4e division
Prenons pour exemple cette princesse russe Demidoff (19e division) qui promit à quiconque veillerait sur son cadavre un an durant dans son caveau, de lui léguer sa fortune. Certes, cette annonce testamentaire a suscité beaucoup de candidatures, mais nulle n'a tenu promesse et le cimetière aujourd'hui a clôturé les inscriptions.

Autre anecdote pour le moins étonnante ; le gisant du journaliste Victor Noir (92e division) - qui fut assassiné par le prince Pierre Bonaparte d'un coup de révolver en 1870 -, a la particularité de posséder les parties génitales fortement bombées et lustrées. En effet, certaines femmes viennent s'y frotter le bas-ventre pour, dit-on, pouvoir enfanter. Cet acte qui est donc supposé accroître la fertilité existe depuis très longtemps. Jadis, dans l'Antiquité, on vénérait de véritables cultes à des roches supposées rendre les femmes fécondes.
Je passe à proximité de la tombe du médium Allan Kardec (44e division). Je me rappelle alors qu’elle est le point d'orgue de pèlerinages qui sont constamment organisés par des spirites. Ils y viennent se recueillir et méditer sur l'aphorisme inscrit sur le fronton de son monumental cénotaphe : "Naître, mourir, renaître encore et progresser toujours, telle est la loi."
Tous paraît calme en cette silencieuse nécropole et pourtant un sentiment anormal m'obsède - mais quoi ?
Tous paraît calme en cette silencieuse nécropole et pourtant un sentiment anormal m'obsède - mais quoi ?
Ce sentiment s'accrut brutalement lorsque je discernai la tombe de la famille Raspail (18e division). Vision terrifiante et mélancolique que de voir cette triste forme féminine enveloppée dans un suaire et dont émerge un bras nu, tendu pour s'agripper aux barreaux du sépulcre où est retenu prisonnier éternel son mari, le célèbre politicien François Raspail (transféré au Panthéon). Cette tombe exhale le chagrin. En m'éloignant du tombeau, coïncidence ou pas, la fraîcheur du soir vint m'apporter quelques frissons... la nuit allait bientôt tomber.
En repartant, je m'arrêtai un instant pour contempler la sépulture si mystérieuse de ce fantsmagore dont j'avais tiré quelques mots dans un précédant article : Etienne-Gaspard Robertson (8e division). Cet abbé né en 1764 et originaire de Belgique a, avec ses nombreuses projections au cours desquelles il utilisait divers moyens "scientifiques", réussi à faire croire à un public crédule qu'il avait la faculté de faire apparaître sur un écran les défunts :« Citoyens et messieurs, j’ai assuré que je ressusciterai les morts, je les ressusciterai. Ceux qui désirent l’apparition d’êtres chers dont la vie s’est terminée par la maladie ou autrement n’ont qu’à parler : j’obéirai à leur commandement ».
Le montreur de spectre est décédé en 1837. Sa tombe est ornée de créatures diaboliques, de têtes grotesques ainsi que de scènes représentant la mort triomphant sur les vivants.
Le montreur de spectre est décédé en 1837. Sa tombe est ornée de créatures diaboliques, de têtes grotesques ainsi que de scènes représentant la mort triomphant sur les vivants.
Tombe de Frédéric Chopin - 11e division
Au Père-Lachaise, si l'on prend garde, on peut aussi entrevoir l'ombre de certaines célébrités qui y sont inhumées (Piaf, Bashung, Salvador, La Fontaine, Faure, Morrison, …). N'a ton pas vu Fréderic Chopin errer dans le "carré romantique" ? Ne s’est-on pas étonné lorsque que certains témoins affirmaient avoir distingué une silhouette ressemblant fortement à Gérard de Nerval derrière sa tombe ?Des fantômes, on en trouve aussi aux abords du Mur des Fédérés. Là où, à l’aube du 28 mai 1871, furent fusillés 147 communards…
J'évite, autant que possible, de considérer les histoires que je viens de vous narrer : l’angoisse pourrait m’envahir
Comprenez-vous à présent quelle force obscure étreint chacun de nous lorsque que nous venons à franchir les lourdes portes de ce champ de trépassés ?
Laissant derrière moi le boulevard des allongés le plus célèbre de France, j'ai la déplaisante impression qu'une chose invisible me suit... Une ombre échappée ?!




















